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Sept ans sur mer

Chanson traditionnelle · domaine public

Après sept ans en mer, plus rien à manger : le sort tombe sur le capitaine, mais du haut du mât, 'Tit-Jean voit la terre.

Comment la chanter : Le meneur chante les deux vers (le premier reprend le dernier du couplet d'avant) ; tout le monde répond « Viv'rons-nous toujours en tristesse? Aurons-nous jamais la liberté? ».

Les lignes en couleur sont reprises par tout le monde.

Quand j'ai parti de mon pays, je n'ai pas parti sans regrets.J'ai bien été sept ans sur mer, dessus la mer bien éloigné'.Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

J'ai bien été sept ans sur mer, dessus la mer bien éloigné'.Au bout de la septième année de provisions avons chômé.Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

Au bout de la septième année de provisions avons chômé.Avons mangé nos chiens, nos chats, jusqu'aux courroies de nos souliers.Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

Avons mangé nos chiens, nos chats, jusqu'aux courroies de nos souliers.Il a fallu tirer au sort, savoir lequel serait mangé.Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

Il a fallu tirer au sort, savoir lequel serait mangé.Le capitaine a fait les pailles, la plus courte lui est resté'.Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

Le capitaine a fait les pailles, la plus courte lui est resté'.A-t appelé 'Tit-Jean, son page : « 'Tit-Jean, veux-tu mourir pour moi ? »Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

A-t appelé 'Tit-Jean, son page : « 'Tit-Jean, veux-tu mourir pour moi ? »— « Auparavant mais que je meure, dedans les hun's je veux monter. »Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

— « Auparavant mais que je meure, dedans les hun's je veux monter. »Quand il fut en haut dans les hunes, il ne fit que rir', que chanter.Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

Quand il fut en haut dans les hunes, il ne fit que rir', que chanter.« Ah ! qu'as-tu donc, 'Tit-Jean, mon page ? qu'as-tu à tant rire, à chanter ? »Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

« Ah ! qu'as-tu donc, 'Tit-Jean, mon page ? qu'as-tu à tant rire, à chanter ? »— « Courag', courag', cher capitaine, je vois la terr' de tous côtés.Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

— « Courag', courag', cher capitaine, je vois la terr' de tous côtés.Je vois la vill' de Babylone, je vois trois pigeons voltiger.Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

Je vois la vill' de Babylone, je vois trois pigeons voltiger.Je vois aussi trois demoiselles dans un jardin se promener.Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

Je vois aussi trois demoiselles dans un jardin se promener.Si jamais je retourne à terre, la plus jeun', je l'épouserai.Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

Si jamais je retourne à terre, la plus jeun', je l'épouserai.Si jamais je retourne en mer, avec moi je l'emmènerai. »Viv'rons-nous toujours en tristesse?Aurons-nous jamais la liberté?

Pour Barbeau, aucune chanson de marins n'a voyagé autant : née sur les côtes de Bretagne et du Poitou, on la chante de l'Espagne à l'Islande. Le refrain de la version canadienne, « Viv'rons-nous toujours en tristesse? », ne se retrouve dans aucune version française connue de lui.

Source : Marius Barbeau et Edward Sapir, Folk Songs of French Canada, New Haven, Yale University Press, 1925 (domaine public), p. 125-130 (paroles et mélodie notée). Orthographe de l'édition originale, coquilles de numérisation corrigées.