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Dans Paris ya-t-une brune plus belle que le jour

Chanson traditionnelle · domaine public

Trois bourgeois veulent la belle brune ; le plus jeune l'emmène sur son cheval blanc, plus raide que le vent.

Comment la chanter : Le meneur chante les quatre vers ; tout le monde reprend le dernier, avec « la lurette ». Chaque couplet recommence par les deux derniers vers du précédent.

Les lignes en couleur sont reprises par tout le monde.

Dans Paris ya-t-une brunePlus bell' que le jour ;Sont trois bourgeois de la villeQui lui font l'amour.Qui lui font l'amour, la lurette,Qui lui font l'amour.

Sont trois bourgeois de la villeQui lui font l'amour.Ils se disaient l'un à l'autre :Comment l'aurions-nous ?Comment l'aurions-nous, la lurette,Comment l'aurions-nous.

Ils se disaient l'un à l'autre :Comment l'aurions-nous ?Le plus jeun' se mit à dire :— Moi je sais le tour.— Moi je sais le tour, la lurette,— Moi je sais le tour.

Le plus jeun' se mit à dire :— Moi je sais le tour.Je me frai faire une selleAvec tous ses atours ;Avec tous ses atours, la lurette,Avec tous ses atours.

Je me frai faire une selleAvec tous ses atours ;Et j'irai de ville en villeToujours à son nom.Toujours à son nom, la lurette,Toujours à son nom.

Et j'irai de ville en villeToujours à son nom.— Enseignez-moi donc, mesdames,Le chemin des grands.Le chemin des grands, la lurette,Le chemin des grands.

— Enseignez-moi donc, mesdames,Le chemin des grands.— Allez, allez donc, ma fille,À ce pauvre passant ;À ce pauvre passant, la lurette,À ce pauvre passant.

— Allez, allez donc, ma fille,À ce pauvre passant ;Allez jusqu'à la barrière :Revenez-vous-en.Revenez-vous-en, la lurette,Revenez-vous-en.

Allez jusqu'à la barrière :Revenez-vous-en.La fillette était jeunette,Elle a 'té plus avant ;Elle a 'té plus avant, la lurette,Elle a 'té plus avant.

La fillette était jeunette,Elle a 'té plus avant ;Le galant qu'est fort adroitteLui a donné la main ;Lui a donné la main, la lurette,Lui a donné la main.

Le galant qu'est fort adroitteLui a donné la main ;Il la prit et il l'emmèneSur son cheval blanc ;Sur son cheval blanc, la lurette,Sur son cheval blanc.

Il la prit et il l'emmèneSur son cheval blanc ;Le cheval blanc qui les mèneVa plus raid' que le vent.Va plus raid' que le vent, la lurette,Va plus raid' que le vent.

Le cheval blanc qui les mèneVa plus raid' que le vent.— Adieu père et adieu mère,Adieu tous mes parents !Adieu tous mes parents, la lurette,Adieu tous mes parents.

— Adieu père et adieu mère,Adieu tous mes parents !Si vous m'aviez mariéeÀ l'âge de quinze ans…À l'âge de quinze ans, la lurette,À l'âge de quinze ans.

Si vous m'aviez mariéeÀ l'âge de quinze ans…Je ne s'rais point dans la villeAvec tous ces brigands…Avec tous ces brigands, la lurette,Avec tous ces brigands.

Je ne s'rais point dans la villeAvec tous ces brigands…— Je n'suis point brigand, la belle,Je suis votre amant.Je suis votre amant, la lurette,Je suis votre amant.

— Je n'suis point brigand, la belle,Je suis votre amant.Versez, versez dans mon verre,Dans mon verr', du vin.Dans mon verr', du vin, la lurette,Dans mon verr', du vin.

Versez, versez dans mon verre,Dans mon verr', du vin.À la santé de la belleEt de son amant ;Et de son amant, la lurette,Et de son amant.

À la santé de la belleEt de son amant ;À son père et à sa mèreEt à tous ses parents.Et à tous ses parents, la lurette,Et à tous ses parents.

Gagnon trouve l'air canadien « un des plus beaux et des plus caractéristiques » de son recueil. La légende se chante en Provence et dans l'ouest de la France, mais le couplet « Si vous m'aviez mariée à l'âge de quinze ans » manque aux versions françaises.

Source : Ernest Gagnon, Chansons populaires du Canada, 2e édition, Québec, Robert Morgan, éditeur, 1880 (domaine public), p. 170-174 (paroles et mélodie notée). Orthographe de l'édition originale, coquilles de numérisation corrigées.