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Au jardin de mon père

Chanson traditionnelle · domaine public

Un oranger si chargé qu'il va rompre, des oranges au marché de Lava et un fils d'avocat qui ne paie pas.

Comment la chanter : Le meneur chante les quatre vers du couplet ; tout le monde lance le long refrain des moutons. Chaque couplet reprend les deux derniers vers du précédent.

Les lignes en couleur sont reprises par tout le monde.

Au jardin de mon pèreUn oranger lui y a, limouza,Qu'est si chargé d'orangesQu'on croit qu'il en rompra, limouza.J'aime, j'aime, oh ! gai, gai, gai,J'ai le cœur san gai ;J'entendis chanter, danserLes moutons, les moutons, don dé ;Don, don, les moutons, les moutons,Les moutons, les moutons, les moutons, don dé. (bis)

Qu'est si chargé d'orangesQu'on croit qu'il en rompra, limouza.Je demande à mon pèreQuand' c'qu'on les cueillera, limouza.J'aime, j'aime, etc.

Je demande à mon pèreQuand' c'qu'on les cueillera, limouza.Mon pèr' me fait réponse :— Quand ton ami viendra, limouza.J'aime, j'aime, etc.

Mon pèr' me fait réponse :— Quand ton ami viendra, limouza.Les oranges sont mûres,Mon ami ne vient pas, limouza.J'aime, j'aime, etc.

Les oranges sont mûres,Mon ami ne vient pas, limouza.J'ai pris une échelette,Mon panier dans mon bras, limouza ;J'aime, j'aime, etc.

J'ai pris une échelette,Mon panier dans mon bras, limouza ;Je cueillis les plus mûres,'Laissai les vertes là, limouza.J'aime, j'aime, etc.

Je cueillis les plus mûres,'Laissai les vertes là, limouza.'M'en vais au marché vendre,Au marché de Lava, limouza.J'aime, j'aime, etc.

'M'en vais au marché vendre,Au marché de Lava, limouza.Dans mon chemin rencontreLe fils d'un avocat, limouza ;J'aime, j'aime, etc.

Dans mon chemin rencontreLe fils d'un avocat, limouza ;'M'en prend une douzaine,Ne me les paya pas, limouza.J'aime, j'aime, etc.

'M'en prend une douzaine,Ne me les paya pas, limouza.— Ah ! monsieur, mes oranges !Vous n'me les payez pas ! limouza.J'aime, j'aime, etc.

— Ah ! monsieur, mes oranges !Vous n'me les payez pas ! limouza.— Passez de chez mon père,Il vous les paiera, limouza.J'aime, j'aime, oh ! gai, gai, gai,J'ai le cœur san gai ;J'entendis chanter, danserLes moutons, les moutons, don dé ;Don, don, les moutons, les moutons,Les moutons, les moutons, les moutons, don dé. (bis)

Le « marché de Lava » est celui de Laval, en Mayenne : on a fait Lava pour la rime. À Québec, Gagnon a aussi entendu « Au marché où tout va ». En Normandie, ces couplets se chantent souvent en chœur, et le refrain y joue un grand rôle.

Source : Ernest Gagnon, Chansons populaires du Canada, 2e édition, Québec, Robert Morgan, éditeur, 1880 (domaine public), p. 44-47 (paroles et mélodie notée). Orthographe de l'édition originale, coquilles de numérisation corrigées.